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 Le Trône [Khar/Ferraa]

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MessageSujet: Le Trône [Khar/Ferraa]   Dim 7 Déc - 5:14

Aujourd'hui, muselière n'était pas de mise pour le vieux Oliatram.
Il s'était couché près du trône. Le trône, objet d'une grande valeur, était fait d'or en tout point, il était haut, surpassait d'un mètre la tête de Ferraa. On pouvait y voir gravé des écritures, des mémoires, le nom de Souverains et des souvenirs de la courte histoire connue de ces êtres Noirs. Le coussin, fait de velours, est rembourré probablement de coton et de plume d'hippogriffe. Un escalier rond sert de promontoire au siège.
En effet, en cette immense salle du trône, il fallait un Trône digne de se nom..
La salle surpassait presque la beauté de la ''chaise'' qui lui donnait son nom. Une magnificence et une richesse presque dégoutante.
Un intérieur de marbre et des murs comblés de tapisseries d'or brodée, et des tableaux. Tableaux que jeune Ferraa eux beaucoup étudiés; Souverains, Ducs, Reines, Guerriers..Les plus grand y avaient leur place. Un tapis étonnant (et surtout glissant..) de soie couvrait le sol jusqu'au Trône. Ferraa ne permettait à personne d'autre que lui d'y marcher, ainsi tous devaient le contourner.

Aujourd'hui, il y avait eu réunion à la salle du Trône. Habituellement, on causait de la situation politique ailleurs, dans le Salon privé du Roi, par exemple.
Mais la situation devenait de plus en plus délicate;
Des espions.
Des contrées jusqu'ici neutres qui se montaient une armée en secret, d'autres qui se munissaient d'assassins. Inquiétant: un peu plus, et ils perdaient le peu de contrôle qu'ils avaient réussi à posséder.

Ferraa était épuisé, énervé, les nerf à fleur de peau. Grandement écrasé sur sa Chaise, des paupières qui tombaient et une bouche entre-ouverte démentait sa fatigue. Il devait pourtant rester sur ses gardes; mais comme il pouvait s'endormir d'un moment à l'autre, Oliatram allait veiller à sa survie -raison de son démuselé -

Arf...Maudit Hum..

Il baissa la tête, yeux fermé.

«Bon...Ça y'est..
Il dort; Comment veut-il que je pense, agisse, protège deux têtes?
Ne sait-il pas que ses méthodes archaïque l'amène à être méfié, voir détesté? Lui, Roi endormis, est la cible parfaite!
Debout, Bel aux bois Dormants! »

Oliatram se lève, roule les yeux. Une de ses oreilles est partiellement déchirée. D'ailleurs, sa vue n'est pas complètement revenue, probablement ne reviendra-t-elle jamais. En conséquent, ses autres sens ont décuplé, ainsi sont ouïe et son odorat sont devenus ses guides.
Il lance un petit feulement. «Debout, Debout!»
Le roi répond d'un faible gémissement, mais toujours il reste dans le sombre de ses paupières.

Qu- Qu'est-ce?
Oh. Je suis sur la chaise du barbier, ma mère surveille chaque petit coup de lame que l'homme devant moi donne à mes cheveux. Je m'en rend compte, je rêve -peut-être suis-je encore trop éveillé pour me perdre dans mon songe nocturne-.
Mère s'exclame, l'homme a coupé une mèche de trop. Au fond, je m'en fou bien, moi, tant que se calvaire dure moins longtemps.

-Mère, ce n'est pas grave, j..
-Non, tu te trompe, c'est horrible. Affreux. Ce n'est pas ainsi que tu vas nous faire une descendance!

Je me taisait; peut-être avait-elle raison? Il fallait être parfait jusqu'au bout des cheveux?
Peut-importe, car maintenant, je ne vais presque plus chez les barbier -moins d'une fois par ans- Et cela suffis largement. Ô, si elle me voyait, se n'est pas une mèche qu'elle me couperait, mais la tête entière.

Je répugne de se mot, Descendance. Ainsi mes Songes me portent vers des faits plus récent;

On y voit une femme, la mienne je crois, et une guillotine, puis la lame en question qui tombe et puis..
Bam.
Faire taire à jamais pour cacher le secret.


Oliatram regarde le Roi mouver son visage pendant son sommeil.
Malgré une allure désintéressée, il est aussi vif qu'un chien de garde.
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Mer 10 Déc - 23:39

Khar n'avait pas compté les jours. Ce soir pourtant, d'un regard par la fenêtre de sa chambre, elle vit que la lune était pleine. Voilà donc une semaine qu'elle vivait ici. Non seulement l'astre nocturne était rond comme une assiette, mais il était roux.
C'était là une étrange coïncidence, car c'était ce jour même qu'elle avait choisi pour passer à l'action.

Elle logeait dans une petite pièce au fond des quartiers des domestiques. C'était d'ailleurs comme ça qu'elle était rentrée: en se proposant en tant que servante. Curieusement, les volontaires se faisaient de plus en plus rares, aussi on l'avait acceptée malgré son appartenance visible aux Dérivés d'Ange. Elle avait aussi dû promettre de "tenir son tigre" et de le faire participer aux travaux demandés, "dans son intérêt".
Cela ne l'avait pas fait rire ; elle ne riait jamais.
Le premier jour, elle avait dû récurer des lustres et transporter des lingeries d'un bout à l'autre du château. Cela lui permit de faire du repérage. Le jour suivant, elle se prétendit indisposée. La Dâme qu'elle servait lui envoya un page la menacer de ne pas la payer. Le malheureux dût crier devant sa porte pour passer son message, car elle ne lui ouvrit pas.

Elle s'introduisit donc aux cuisines, et se mêla aux gardes et aux domestiques qui s'égaillaient autour de quelques verres. Là encore, elle apprit beaucoup.

A ce rythme, la semaine passa vite. Elle se demandait quand est-ce qu'elle pourrait approcher le roi, ses appartements étant gardés. Et elle ne souhaitait pas user des talents de Galen pour faire du repérage ; elle aurait été découverte. Enfin, elle apprit qu'une réunion de grande instance allait avoir lieu le lendemain même. Elle passa donc la journée du conseil dans les cuisines, cherchant une occasion, un moment propice... La tâche lui était difficile, car même sous des capes, elle et Galen ne passaient guère inaperçus. Mais peu lui importait les railleries et les insultes, elle jouait l'indifférence.
Ainsi donc, elle trouva un moment propice. Avec toute la discrétion professionnelle dont elle était capable, elle versa le contenu d'un sachet de poudre dans la grande carafe de vin qui allait être montée au roi et aux conseillers.
A vrai dire, son plan d'action était gêné par le fait qu'elle ne savait pas si le roi boirait, et, surtout, parce que tous les autres allaient boire. Donc pas de poison, à moins de vouloir provoquer une véritable hécatombe à la cour. De plus, cela devait être inodore et incolore. Alors... pourquoi pas une drogue ?
Khar opta pour la plus violente. De quoi faire plonger un solide cheval dans un long sommeil agité de spasmes, de lui brouiller sûrement et durablement les idées.
Un page emporta le plateau et la carafe, tandis que Galen et elle empruntaient l'escalier opposé.
Au-dessus de la grande salle se trouvaient les appartements de l'un des nobles du royaume. Il les habitait suite à la disparition -aussi subite que mystérieuse- de la Reine. Mais qu'importait, maintenant, le Sombre dormait sous son lit, gorge tranchée. La porte était barrée, et personne ne viendrait déranger les Assassins avant l'aube.
Alors qu'avait lieu la réunion et que, peut-être, les conseillers et le roi buvaient le vin drogué, Galen pratiqua un minuscule trou dans le plancher. Il avait la largeur d'une tête d'épingle, mais traversait bois et pierre sur tout l'épaisseur, pour aboutir dans la Grande Salle.
Une heure environs avant la fin supposée de la séance, il avait pu commencé à y distiller son poison.
Le tigre était passé maître dans l'art des parfums, était capable d'immiscer des vapeurs subtilement toxiques au point d'empoisonner à mort des dizaines de personnes sans qu'elles ne s'en rendent compte. Toutefois, ce n'était pas son but, ce soir. Dans cette histoire, il y avait trop d'inconnues pour agir imprudemment.
Quel travail que d'assassiner un Roi !

A propos de roi, Khar songea qu'elle n'avait pas entendu parler du prince Apez depuis qu'elle avait intercepté la missive destinée aux hommes - et tué le messager. Était-il mort ? Croupissait-il en prison en attente d'une réponse ? Elle chercherait à l'apprendre, bientôt.
Quand, d'ailleurs ? Si son entreprise aboutissait, elle devrait fuir en vitesse.
Enfin, elle verrait. Elle misait sur sa capacité à improviser. Et la force de Galen ne résidait-elle pas dans son aptitude d'analyse ?

- Bien, nous y allons, Galen. A moins que tu n'aies pas fini de parfumer l'air ?

Son murmure n'obtint pas de réponse. C'est que tout allait bien.
Une fois entrée dans la Salle, elle le savait, leur temps serait compté. Ils ne pourraient rester plus d'une heure. Passé ce délai, ils seraient pris de torpeur, leur langue deviendrait pâteuse, leur peau sèche comme du vieux parchemin, ils sueraient sang et eau, perdraient leurs cheveux -ou fourrure- , se ratatineraient... Mais nous nous égarons.
En somme, ils comptaient sur le fait que, si le souverain n'avait pas bu de drogue, il soit au moins épuisé par les vapeurs empoisonnées.
Un Assassin ne laissait rien au hasard. Deux ? encore moins.

*Le pire, après que Khar soit mise en danger, ce serait que Rant'Zhar ait quitté la salle.*

Galen descendit doucement les marches, habitué au poids de la jeune femme-ange infirme sur son dos.
Ils parvinrent devant les deux immenses portes de la Grande Salle. De chaque coté, un garde. Mais ils ne valaient rien contre les pouvoirs d'un tigre, qui les asphyxia pendant que Khar leur parlait.

Galen posa deux pattes sur la porte, et poussa. Les battants s'écartèrent dans un grincement sinistre.
L'ai était bel et bien vicié. Le souverain dormait. Déjà ? Ce n'était pas normal... cela aurait du arriver dans environ une demi-heure.
Et si c'était la fatigue, tout simplement ? Ou alors, il aurait abusé de vin ?

Cela ne comptait plus. D'un coup, le plan de l'Assassine s'effondra.
Qu'est-ce que c'était que ça ?
Un tigre.
Bien éveillé, et qui les regardait.

~ Il va falloir improviser, Galen. ~

Cela, le tigre le savait déjà.
D'un bond souple, il s'élança vers le tigre. Il n'utilisait pas sa magie. Khar demeurait sur son dos, jambes ballantes de part et d'autre.

En un éclair, le tigre blanc fut sur le roux. Il prit l'offensive, prudemment toutefois.
Durant toute la scène, de leur arrivée jusqu'à ce coup de griffe bien visé vers la tête du garde du corps félin, ni Galen ni Khar n'avaient émis le moindre son. Cela avait quelque chose d'effrayant.
C'était un peu comme.. s'ils étaient une machine. Un engin à tuer.
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Ven 12 Déc - 4:50

Mmmh..J'entend un claquement. Bruit d'une porte.
C'est dans mon rêve, évidemment. Oliatram ne monte-t-il pas la garde? Rien de pourrait arriver. Personne n'oserait toucher un tigre repoussant comme lui.

Je voit la porte. Qui en sort? C'est une femme, de long cheveux blanc quoique presque blonds, mais surtout, des yeux de feu qui brûlent parmi une étendus de charbon qu'est sa peau. Elle est belle, malgré un visage toujours faible et soumis. Elle est richement habillée. Une jolie femme, oui, mais elle n'était pas la plus belle de celles que l'ont m'avait présenté; seulement, elle semblait être la plus apte à être engrossée -s'était tout se qui comptait, après tout-. Alors rien de vraiment amoureux. Pourtant, une alliance nous unissaient, tout les deux. Comme deux âmes emprisonné en un seul destin; se reproduire, puis mourir. Tel des bêtes.
Elle vient me voir, m'accordant un pâle sourire. Un faux mouvement de lèvre cachant sa haine envers moi. C'est une idiote.
Duchesse de quoi, déja? Je ne sais plus.
Enfin. Je suis dans ma chambre, je l'attendais. Ce soir ma chère, je vais te faire honneur. Ensuite, nous attendrons, j'attendrai. Tu viendras me voir et me dire que tu es grosse, et j'espère que se sera un fils que tu va me donner. Car tu sais se que j'en fait des fillettes, hein?
Pourtant, j'ai attendus longtemps; 3 mois. Tu n'es jamais venu m'annoncer les mots que j'attendais. Alors le cycle recommençait. Plus le temps passait, moins tu cachait ton dégout envers moi. Mais plus le temps coulait, plus le peuple me regardait de haut, comme si j'étais leur dieu. J'allais rendre justice à notre peuple oublié. Mais toi, tu t'en foutais. Tu me parlais d'une voix faible, peureuse.

-Calmez-vous, Souverain..Qu'on fait les hommes pour vous rendre fou?

Elle me tendait une copie du Traité. «Je n'y voit rien de mal, moi, dans se bout de papier.» Ah? Mais regarde entre les lignes, ma chère. Je lui vole le parchemin des mains. Et avec un sourire, je lui déchire à la figure. Tiens, voilà se que j'en fait, de ton bout de fibre.

-Ah? Et vous, n'étiez pas vous supposée me donner un fils? Je ne l'ai jamais vu, pourtant.

s'était avec un ton de sarcasme que je lui lançait cette insulte au visage. S'était sa faute, après tout. Mais on s'en fou, puisque mystérieusement, elle est morte. J'ai éprouvé un certain plaisir. Son regard terrifié, et ce..cette sensation? Elle avait la gorge douce, si j'ose dire.
Puis une deuxième femme vain. Je dût être très malchanceux, car encore, celle-là aussi était une incompétente. Je comprend les hommes d'êtres aussi misogyne. Et elle eu le même sort, mais cette fois je l'accusai faussement de sorcellerie. Condamné à mort, guillotine. Les véritables raisons restaient floues, mais bon; on leurs fait gober n'importe quoi, à cette population, et ils vous écouteront avec des yeux de poissons.
Femmes, qu'ai-je fait?
Où est la solution? Je serais prêt à avoir un enfant hybride, mais je vous en pris, Akkavar, donnez moi une succession! Je prendrais tout, fut-ce le prince D'Iulan, je m'en fout! Don...


Les deux assassins avaient pénétrés la Grand'Salle sans aucun bruit. Tel des anges qui flottent sur des nuages divins. Oliatram s'était dressé devant son Maître, oreilles droites, queue foutant le sol. Ses griffes montraient le bout du nez, tout comme ses dents.
«N'avancez pas, qui que vous soyez, ou vous mourrez!»
Il ne voyait pas très bien; pour lui, la forme qui s'avançait ressemblait plutôt à un centaure aux pattes plutôt courtes. Mais plus cette chose avançait, plus ses yeux pouvaient enfin discerner l'ennemi. Se n'était pas qu'un être, mais bien deux;
Tout d'abord, un tigre, qui courait tel une flèche vers lui. Magnifique tigre des Sables dont le soleil a pâli la fourrure à l'extrême. Tiens tiens, lui aussi, est différent. Mais sur son dos, ça se gâte.

«Quoi!? qu'est cette bête dégoutante? Ce n'est pas un humain, pas un elfe, se n'est rien que je ne connaisse! Sa vue m'est affreuse, chose presque angélique qui se croit descendre du ciel!»

Et sans aucun avertissement, ils avaient sauté. Le poids de deux êtres sur un seul, deux assassin expérimentés sur le Tigre guerrier et brute, blessés. Déjà, il pouvait sentir ses os faible se plier sous le poids. Des os qui n'avaient à peine eux le temps de guérir.
Se n'étais vraiment la même étreinte qu'il avait ressenti lorsqu'il avait combattu le Tigre Princier; ce dernier était chaud et puissant, ceux-là étaient froid et bref.
Comment se défendre? Qui voulaient-ils vraiment? Sur le coup, il était resté immobile.
Mais il comprenait, maintenant.
Et dans un souffle presque désespéré, il feula, un long souffle, puissant, un avertissement.
«Debout!»

Les paupières du roi bougeaient. Puis, dans un effort énorme, elle se décollaient, comme si on les avaient attachés ensemble. Une faible lamentation vint de la bouche de celui-ci. Doucement, il ouvrait ses yeux, puis, comme s'il rêvait toujours, regardait Oliatram se défendre faiblement. Des bandages entouraient les membres fêlé du pauvre tigre qui devait lutter pour sa vie, si on veut. Car si le Roi mourrait, ainsi fut-ce pour le Tigre.
Ferra se réveilla sur le champ, se reculant jusqu'au fond de son Trône.
Une Dérivée d'Ange?
D'un bond, il se levait, s'éloignait de la scène. Il titubait légèrement -dut à la fatigue ou au vin?- . Oliatram lui lança un regard suppliant.

«N'en sous-entendez rien, ce n'est que de l'hypocrisie.
De l'amour?
...Que des miettes..»

L'être au regard presque fantomatique emmenait en lui une véritable obsession, teintée de dégoût. Il en vint à se raisonnement: lorsqu'on fait de l'équitation, qui mène le cheval? Celui qui monte. Qui, donc, mène le tigre? Qui tire les rennes? l'Ailée. En l'exterminant, l'autre bête angélique serait déstabilisée, deviendrais aussi facile à tuer qu'un bébé -et aussi amusant, surtout-.
Ses coup de pattes griffues étaient donc tous dirigés vers l'Ange. L'atteignait-il? Il ne le savait pas, mais au moins, il toucherais le Tigre.
«Ô, mon coeur bat, c'est l'extase!»

Ferraa ne savait que faire. Surpris au plus au point, il était faible, ses songes toujours sur le coeur. Les gardes? Mort. Oliatram? Il ne pouvait plus compter sur lui. Damn, où étais ses armes? Doucement, il cherchait un poignard, derrière un tableau: que dalle.
Mais, s'approchant de nouveau du trône, il butta sur quelques chose, en dessous du tapis; Tiens donc, s'était peut-être là qu'Oliatram avait caché sa hache préférée...
S'accroupissant, il la sortait; une hache à double tranchant, énorme, lourde, décorée avec excès. le roi Rant'Zhar n'était pas habillé du tout pour le combat, étant habillé que de tissus.
Arme en main, il posa une main sur son front.

Oh là...Je me sens mal..
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Mer 31 Déc - 2:08

Khar et Galen ne formaient plus qu'un seul être, la jeune femme ange, légère, dont les mouvements épousaient exactement ceux du tigre, et ce félin, qui prenait garde à ne jamais faire un écart qui eût pu la mettre en danger. Ils avaient été formés ensemble. Ils n'étaient véritablement forts qu'ensemble.
Cet instant, voilà des semaines qu'ils le préparaient. Jusqu'à ces heures passées collés contre un vieux plancher usé, après avoir poussé une peau de lynx qui recouvrait le sol. L'attente dans la poussière, dans des lieux inconnus et clôts. L'oppression que l'on peut ressentir quand on s'aperçoit que l'on court vers la mort.
Cela, ils le faisaient pour leur roi, leur peuple.
Ils avaient entendu parler du tigre du souverain sombre, mais Khar avait préféré opter pour le scénario dans lequel celui-ci n'intervenait pas. Ce roi avait-il tant d'ennemis qu'il dût garder un fauve à ses cotés pour protéger sa vie ?
Elle avait entendu parler de la disparition de la reine. Ou des reines, peut-être, elle ne savait plus. Ces femmes Sombres qui représentaient leur peuple, filles de hautes extractions sociales, dont on avait subitement plus eu de nouvelles. Certains nobles de la cour avaient bien lancé des rumeurs afin d'expliquer le phénomène. Mais aucune ne semblait plausible.
Peut-être Rant'Zhar était-il simplement cruel... Qu'il aimait à changer de femme selon son humeur. Mais, dans les rues, jusque dans les cuisines du château, on murmurait qu'il était seul de sa lignée, depuis la mort de son père. S'il ne raffermissait pas son emprise sur le pouvoir, avec la venue d'un héritier, peut-être... Eh bien, quoi ? Les murmures iraient croissant. Et après ?
Cet être allait devenir le plus puissant du continent, si rien ne l'arrêtait.
Ce cauchemar devait prendre fin ce soir.
Les deux assassins avaient empli leur plume. Ils marqueraient le point final au milieu du parchemin de cette vie, laissant vide la seconde moitié.

«N'avancez pas, qui que vous soyez, ou vous mourrez!»
Tout chez ce tigre exprimait cela. Attentif, griffes sorties, les crocs découverts luisants de bave. Mais Galen n'avait pas l'intention de laisser au tigre l'occasion de lui sauter à la gorge. Khar, quant à elle, avait dégainé son épée.
Le corps félin d'Oliatram était curieusement déformé. Ce n'était pas aussi affreux que ce que les rumeurs laissaient présager, en revanche, Galen remarqua son œil crevé, aveugle ; bleu pâle. Les on-dit ne mentaient pas tout à fait. Cette créature avait bien combattu le tigre du prince des Hommes.
Ils n'avaient pas à craindre son corps blessé, mais bien son esprit. De quoi serait-il capable ? Jusqu'où irait-il ? Même un oisillon pouvait tuer un tigre, à condition de laisser le désespoir l'envahir, de s'abandonner à la mort.
Les assassins n'étaient pas faibles. Efficaces et brefs, tuer le tigre, tuer le Sombre.

«Debout!»
S'il en avait reçu l'autorisation, Galen aurait murmuré un mot unique, froid : "Échec."
Mais il se tut. Il devait concentrer toute son attention à les préserver, elle et lui.

Rant'Zhar réagit péniblement, mais immédiatement. Une fugitive expression de surprise passa sur ses traits ; Khar ne le lâchait plus du regard. Il les observa un peu, puis se leva avec brusquerie. Pressentait-il l'imminence de sa mort ? Il titubait. Ainsi, il avait été touché par l'un des poisons dont Galen avait usé.
Tout à coup, un coup de griffe effleura la jambe de la jeune femme ange. Galen, sans elle, aurait pu se mouvoir mille fois plus aisément. Il se faisait un devoir de la protéger, mettant presque son corps en avant, mais pourtant, l'ennemi ne le visait pas.
Se penchant, la Dérive d'Ange employa son épée contre le tigre de feu.
Galen avait bondi sur lui, tout d'abords, puis il avait dû reculer afin de ne pas exposer sa gorge. Il revenait par à-coups, vif comme le serpent, il harcelait sa proie. Il tiendrait jusqu'à ce qu'il y plante ses crochets. Khar, elle, agissait de manière plus imprévisible. Elle frappait alors même que le tigre des Sables reculait, ou se penchait sur le coté, frappant parfois l'air de ses ailes au-dessus du tigre roux. Les griffes crissaient sur le sol de marbre.

Une morsure dérapa sur son bras, manquant lui fait lâcher l'épée. Galen, l'espace d'un instant, faillit être déstabilisé. Le sang gouttait sur son pelage presque immaculé.
Khar perçut le danger. Si son tigre se laissait distraire par ses blessures, à elle, il risquait d'être touché, fût-il le plus fort.
D'un coup, un violent mouvement de ses ailes l'éleva au-dessus du sol. En une fraction de seconde, elle se retrouva derrière Oliatram.
Galen avait compris.
Le cœur noué, il obéit.
Il recula, esquiva encore, et fila à toute allure en direction du Sombre. Khar se chargerait du tigre... Lui était plus à même de combattre un roi. Mais si cela tournait mal pour la Dérivé d'Ange, il ne serait pas là...

Le roi s'était doté d'une hache, une arme énorme, à double tranchant. Galen, tout en courant, l'analysa. Un seul coup pouvait lui fendre le crâne.
Il s'arrêta net à quelques pas du Sombre, le jaugeant du regard. Il semblait mal, en effet... Mais pas tant qu'il aurait dû l'être. D'ailleurs, ici, ses poisons semblaient moins efficaces. Était-ce dû à l'altitude, au climat, à l'éloignement de la mer... Ou pire, à une faiblesse de sa part... Une résistance particulière des sombres ?

Suintant de tous les pores de sa peau, hérissant sa courte fourrure blanche, un gaz émanait de son corps.
Sa magie appelait là une terrible arme biologique... Ce qu'il renfermait, exactement ?.. Une maladie infectieuse violente, de celles dont on guérit rarement.. Les Sombres n'avaient-ils pas placé des cadavres de pestiférés dans certains villages ? Cette seule pensée, pour Galen, suffisait à justifier l'acte d'utiliser une arme aussi ignoble.
Ses dents grincèrent les unes contre les autres. Il s'approcha, ailes repliées, presque au raz du sol...
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Dim 11 Jan - 22:05

D'un mouvement souple et réfléchis, le couple d'assassin s'était séparé pour faire joueurs solitaires. La stratégie était intelligente, et plus efficace que de rester deux sur un tigre déjà blessé. Mais ainsi, l'Ange était seule devant le félin. Le tableau ne semblait pas inhabituel. Alors que tous deux, la Presqu'Ange et le Tigre difforme étaient longs et fin, souples et élancés. Leurs crinières flamboyait divinement dans l'air. Quant au Roi et à son adversaire, ils étaient larges, fort, puissant. Deux Bêtes de combat, bref, mais des guerriers trop différent pour vraiment se ressembler. S'était en quoi les tigres et leurs ennemis se différenciaient, alors que Ferraa était brute, instinctif, à la façon d'Oliatram, quand les assassins étaient intelligents, fin stratèges. La façon d'être surpassait les ressemblances physiques, et en effet, le couple de tueurs étaient moulés ensemble pour ne former qu'une seule machine, infatigable. L'harmonie parfaite coulait entre eux. Et se qui unissait Oliatram du Souverain, s'était le vide; une union silencieuse. Ils ne se fondaient pas ensemble, mais au contraire, étaient des êtres si disparates que leurs qualités et défauts s'emboitaient.
...Un peu comme un casse-tête de plusieurs milliers de pièce, quoi.
Oliatram, les pattes en avant de lui, presque couché, s'était défendu du mieux qu'il le pouvait. Et quand sa monture s'était séparé d'elle, il avait sourit. Il avait lancé un très léger rire, presque inaudible, qui s'apparentait à celui de la hyène. Il pourrait examiner l'être de plus proche, sans avoir le tigre à tasser.

«Regardez-la!
Que des miettes d'humains, que des miettes d'anges.
Elle est faite de miettes!
Je ne la crains pas. C'est un peu se que j'ai gardé de Quacenne...Une partie de son image, si on veut.
De toi, Ange, je prendrai ta finesse.
En l'inspectant un peu de mon oeil, je peut voir des membres mou et amaigris. Presque inexistant...Ses ailes sont ses seuls moteurs. Qu'est-ce que vous pensez que je vais attaquer? »

Doucement, Oliatram se fait vautour, car tête basse, il avance avec précaution. Ses griffes ne pouvaient se rétracter, elles cliquettes sur le sol marqué de son propre sang. Ses blessures se sont rouvertes, mais qu'importe, car la douleur est devenu invisible. Ce n'est qu'une envie de connaître, de voir de plus prêt l'Angélique. «Qu'es-tu?» Il sait trop bien qu'elle ne répondra pas, et que ces paroles ne résonneront qu'en un cri aigu et saccadé à ses oreilles.
Et sans avertir, il saute. Son ventre est exposé à l'arme de l'assassine, mais il s'en fiche. Ses yeux fixe toujours ses ailes, comme ses dents et ses griffes qui sont programmées pour arracher cette chose...
Ses yeux rebondissent presque dans ses paupières tant son excitation est forte, ses yeux le trompe. Est-ce qu'il a atterris sur la jeune femme? L'a-t-elle blessée?

«Tic, Tac. Nos heures sont comptés.»

Tac...C'est le son que fit le dernier pas du tigre qui présenta son être devant moi. Ainsi, vous êtes venus pour me tuer. Traitez moi de fou, mais j'en suis flatté. Parce que, cela veut dire tellement de chose...Par exemple, je suis devenu si dangereux, mon emprise devient tellement forte sur les hommes, que même les Dérivés d'anges en viennent en employer des Assassins. Une invalide, en plus...Ils rient de moi?

Parlant de rumeurs, elles ont en effet fait leur chemin jusqu'à mes oreilles.
Parce que les problèmes d'un Roi, cela intéresse toute la cour.


Le Souverain était incapable de réellement se concentrer. Arme en main, celle-ci glissait sur le sol, formant une hachure sur le sol de marbre. Il la laissait reposer sur le sol, le manche faiblement tenu dans la main. Sa tête semblait reposer sur un ressort tant il avait peine à la maintenir droite, tout comme ses yeux de couleurs solaires qui tentaient de garder le fixe sur le tigre.
Cette fois-ci, il n'aurait pas l'avantage. Ils, plutôt, car son céleste protecteur avait été pris d'assaut alors que ses blessures n'avaient que commencé à guérir. Le Roi hésitait à avancer, risquant de tomber et d'être impuissant aux attaques.

Le Tigre des sables secouait son pelage, et de lui émanait un nuage presque invisible. Une vape d'un produit non-identifiable, quoi que l'odeur qui montait des sinus jusqu'au cerveau brûlait tout dans son passage en corps humains; du cyanure, du plomb ou même de l'arsenic? En tout cas se n'était rien de bénéfique pour la santé.
Comme le Tigre Blanc pouvaient vivre dans le poison, sans s'intoxiquer lui-même?
Le Roi recula de quelques pas maladroit, s'éloignant d'au moins deux à 3 mètres. Son dos était accoté au mur, et au dessus de sa tête couronnée, le tableau de Rant'Zhar Père se dressait. La figure paternelle de Ferraa avait été peinte avec un sourire bienfaisant, des yeux doux malgré leur teinte rougeâtre, des cheveux courts et soigneusement coiffés. Il était étonnamment différent de son fils, ce dernier étant plus proche physiquement de sa mère.
Il tenait à présent plus fermement le manche de l'arme richement décorée.

On voit des tonnes de gens opter pour la rapidité, des gens qui veulent frapper premier, parce qu'ils croient cette tactique la meilleur. Ils évitent les armes trop lourde, les armures épaisse qui les ralentiraient. Mais dans votre rapidité, je vous voir venir, vous me laissez plus de 5 secondes pour réfléchir à ma réaction, se qui est largement suffisant. J'ai le temps de lever ma hache et de vous regarder vous trancher la gorge sur celle-ci. Alors, Tigre, je vais t'attendre. Je t'attaquerai pas directement, comme nous le faisons avec les humains. J'attendrais que tu me déclare ''la guerre''
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Dim 18 Jan - 2:04

[Désolé du retard >.<]



Deux entités entières, qui fusionnaient à la perfection pour n'en former plus qu'une, lorsque le besoin s'en faisait sentir.
Un Tigre, une jeune femme-Ange. Des ailes puissantes à voler jusqu'au soleil, à quitter cette terre de malheur. Petit, Galen n'avait pu utiliser ses ailes comme il le souhaitait, alors il abandonna définitivement tout désir de fuite... Jamais il n'atteindrait les nuages. Qu'importait leur physique, leur caractère et leur passé ; il vivait pour Khar, désormais. Et elle ne pouvait survivre sans lui - pouvait-on donc les dissocier ? Non, et personne ne chercha jamais à le faire...

Seule, maintenant.
Khar maintenait ses pieds inertes à plus d'un mètre du sol, n'hésitant pas à se hisser plus haut d'un battement d'aile. Puis elle piqua, la tête en avant, ses immenses gerbes blanches de plumes tourbillonnantes contre son corps.
«Qu'es-tu?»
L'épée visait le tigre, pourtant celui-ci ne fut pas touché. «Qu'es-tu?» et l'épée frappa le dallage glacial.
Elle ne répondrait pas, car ce serait Reconnaître le tigre. Et cela, elle ne le pouvait, ni ne le voulait, car elle était assassin.
Désormais, il fallait à l'oiseau de feu blanc rattraper son élan, sans quoi il allait heurter le sol... Le tigre bondit vers elle. Elle avait commis une erreur, elle le savait, pourtant elle n'abandonnait pas. Son arme remonta vivement vers le ventre du félin, tandis que les griffes de ce dernier s'enfonçaient de part et d'autre de ses épaules, à la base de ses ailes. Elles y rencontreront l'os, seulement, car les muscles se trouvent du côté du dos. Et la jeune femme-Ange s'écroulera sur les pierres lisses, que sa tête heurtera avec violence...
Pas un souffle d'air dans cette pièce figée, où résonnaient les respirations haletantes de quatre créatures qui luttaient pour forcer la mort. Faisait-il vraiment froid ? Ou était-ce seulement l'immensité du lieu, son aspect convenu et trop richement décoré, trop coloré, qui sonnait faux ? Ou peut-être encore cette brûlure était-elle l'effet du poison latent qui flottait et visitait tous les souffles ?
Le goût salé du sang, aussi, sa tiédeur et sa viscosité. Pourquoi le monde devenait-il si vite, si noir.. le soleil s'était-il déjà levé ?
Galen. Où était-il ?
Les portes du désert se fermèrent à elle ; elle cessa de penser.

Le tigre se coulait en direction du Souverain des Sombres, entamant un cercle autour de lui. Son allure était soutenue, mais il pouvait tout de même analyser son adversaire. Une stature forte, puissante, un regard qui se voulait inflexible. L'était-il réellement ? Il semblait qu'une flamme vacillait au fond de ces prunelles dorées, comme de l'incertitude, peut-être... Tout en courant, Galen resserait les cercles qu'il effectuait autour de la créature royale. Il avait un peu déployé son aile, à l'intérieur du rond, de manière à faire un pencher légèrement son équilibre et accroître ainsi sa vitesse.
Lorsqu'il libérait de si violents poisons, il fallait qu'il courût, sans quoi trop de vapeurs lui seraient parvenues, auquel cas sa faible immunité naturelle aurait été submergée. En tournant ainsi autour de sa cible, il s'assurait que le tourbillon de poison l'atteindrait de plein fouet. Si tout se passait bien, il n'aurait même pas besoin de souiller son pelage blanc. Et un cadavre froid gonflerait dans la Grande Salle de feu le Roi à la Lignée Eteinte.

Avait-il libéré son attention ? Non, sûrement pas, pourtant le roi lui avait échappé. En relâchant tout son poids en arrière, il avait atteint un mur, à reculons. Le tigre ne pouvait pas s'attendre à une méthode aussi hasardeuse ; si Rant'Zhar était tombé, il serait déjà mort.
Le tigre marqua une pause, quelques secondes, le temps de réfléchir. Pas un instant pourtant il ne songea à Khar : il avait de sa part reçu un ordre sans équivoque.
C'est alors qu'il se rendit compte de ce qu'était vraiment cette créature. Jusqu'alors, il n'avait jamais eu de semblables proies...

Un regard mécontent, comme l'air d'un gosse dérangé dans son sommeil.. Son arme trop décorée semblait incongrue, un jouet pour donner une mort fictive, dans les mains d'un être qui avait grandi trop vite, trop gâté. Cette interprétation, Galen la tenait aussi par contraste avec le tableau du père, qui penchait au-dessus du Souverain, projetant sur lui l'ombre tremblante des candélabres.
Alors, il eut envie d'en finir, et vite. Il désira réellement foncer sur cette chose pitoyable, acculée contre un mur ridiculement épais.
Il le fit, sans agir de manière attendue. Ses ailes le soulevèrent, l'espace d'un souffle, à bonne hauteur ; il fit vote-face tout contre le mur, et piqua en zigzaguant dans sa chute.

S'il demeuraient encore un quart d'heure dans la pièce, tous, ils attendraient le point de non-retour.
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Ven 13 Fév - 2:49

[Retard énorme D: Je m'en veut!]

Le souffle guttural du tigre résonnait dans la pièce entière. Il leva rapidement la tête, comme un Cerf le fait quand le danger se fait entendre. Il ne sentait pas le poison, qui, lentement, engorgeait ses poumons et lui donnait cette respiration râpeuse. Il était trop préoccupé, obsédé peut-être, pour utiliser ses sens félins comme il devrait le faire, pour même penser que ces maitres de la mort silencieuse aurait pu utiliser un tel stratège. La tête haute, le Tigre avait regardé l'Ange s'écraser sur le sol, comme un oisillons lors de son premier saut, hors du nid. Lui aussi était blessé, et ses membres squelettiques tremblaient douloureusement sous lui. De chaque côté de sa bouche, une chute de sang coulait, dégoulinant le long de son cou, jusqu'à s'étendre en une mare sous lui. Comme la Mer d'Akkavar, un peu. Et devant lui, le petit corps angélique, inerte, pas encore froid mais bientôt. Il ne la voulait pas morte, mais juste étourdis. Oliatram s'avança vers elle, hésitant un peu. Un pas, puis un autre. Un regard vers le Roi, qui ne le préoccupait plus maintenant. Son ventre lui faisait mal. Elle était rapide, comme une vipère. N'as-t-on pas dis que les ailes de l'oiseau sont fait du même matériaux que la peau froide du serpent?

La tête d'Oliatram n'était maintenant qu'à quelques pouce de l'ange. Il ouvrit grand ses narines, pour respirer de loin son odeur étrange, puis s'avança de nouveau, toujours un peu plus. Était-elle vraiment inerte, sans connaissance? Impossible de vraiment savoir. Doucement, il approcha son crâne du sien, et scrutait de son museau le corps gracieusement posé sur le sol. Son museau humide examinait l'odeur angélique.

«-Oh Miroir, miroir..dit moi qui est la plus belle! , disait la jeune princesse dans son château.
-C'est toi, répondait l'affreux miroir que je suis. »

Les pattes du tigre tremblaient. Il titubait, aussi. Et il s'écroula, à côté de l'angélique. S'en était trop, de plus qu'il était déjà faible, même avant l'arrivée des assassins. Son tête tomba dans les ailes duveteuses de l'ange. D'ailleurs, pourquoi celle-ci était-elle tombée aussi facilement? Cela semblait irréel. Le Roi lança un regard rapide au-delà de son adversaire, vers Oliatram. Il le voyait, faible, écroulé sur le sol. Étais-ce la fin de son Tigre? Probablement pas. Mais la fin du Roi, de la lignée Rant'zhar, semblait proche. Sur le son des cliquetis du Tigre Blanc, qui, comme une horloge, tournait, ses minutes, secondes, étaient comptées.

Mon chien de garde n'est plus, on dirait. Il s'en remettra, puisqu'il a résisté au puissant tigre Princier. Après tout, celui-là était doté d'une froideur et d'une cruauté stupide sans égale, un peu comme un vieux borgne avec une canne. Frustré de la vie, rejet de la société..Alors que ces assassins, qui sont des haut-de-gammes si j'ose dire, n'en sont rien. Bien sûr ils sont froid. mais n'est-ce pas là leur métier? Mais un assassin ne doit pas être frustré, cruel, décapiter se qui lui tombe par la main. Il doit être méthodique, agir sans faire fi de ses sentiments. Voilà ce qu'est un bon assassin pour moi.

Au fond j'aurais peut-être aimé être un assassin, mais trop facilement je m'aurais laissé emporté. Être un Souverain est plus amusant -et surtout, moins fatiguant. Vous pouvez donner l'illusion d'être puissant, fort et noble. Nous et Oliatram, nous sommes pareils sur se point: nous donnons beaucoup d'illusions. N'est-ce pas, Tigre Blanc?


Il peinait à tenir debout, et respirait fort, suait. Avec effort, il leva la lourde hache. Il la pointait vers le Tigre, comme pour créer un espace à respecter entre eux. ''Tu ne dépasse pas la longueur de l'arme'', que cela suggérait. Il s'avança, en se poussant du mur, pour se créer un élan. Sa main dégagée faisait une pression sur son foie qui devenait douloureux. Trop d'alcool peut-être? Pourtant il n'était pas un si grand buveur.
D'un pas mal assuré, il s'était imposé un peu plus dans l'affrontement. Éviter de se souiller ne marcherais pas, et se laisser mourir n'était pas envisageable. Ses bras tremblaient de l'effort qu'était de simplement tenir la hache haute.

Mais il ne put continuer. Son corps se balançait d'avant et d'arrière, ses yeux mouillés ne gardaient plus le fixe. Il laissa tomber l'arme au dessus du Tigre, lame vers le bas. Le Roi s'écroula dans un bruit sourd.
Ferraa était tombé sur ses genoux et ses mains. Il toussait du fond des bronches.

Ma gorge brûle, mes poumons aussi. Oliatram, où es-tu? Si je meurs, tu sombreras avec moi!
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Mar 17 Fév - 15:05

[J'ai fait un peu avancer, mais si tu le souhaites je peux modifier ^^]





L'air poisseux ondulait passivement. Il oubliait, sur les objets, des traces grasses, des résidus de vie. On eut pu croire qu'il couvait en lui des millions de petites existences, lesquelles se développaient et se multipliaient sans la moindre limite. La moisissure cireuse, tout en grignotant l'espace, soustrayant les objets à la vue, absorbait la lumière jaune des petites flammes éparses. Ces feux follets, à la tête de chandelles ruisselantes de cire grisâtre, que pouvaient-ils contre le Souffle du Démon ? L'air vicié qu'expirait Akkavar, cela se trouvait être le nom de ce poison.

Les petites créatures invisibles se densifiaient tant qu'un nuage argenté, condensé de volutes de fumée, naquit au centre de la pièce. La crasse dégoulinait sur les parois, dans les poils du tapis, les rainures des meubles comme les gravures.
Âcre, elle empestait le cadavre.
Animée d'un appétit insatiable, elle dévorait la Vie. Si les corps pouvaient espérer lutter contre cet envahisseur un court temps, ils se laissaient déjà submerger. Les pitoyables frontières que sont entre autres la toux, les larmes, ne pourraient bientôt plus rien contre l'accomplissement de l'œuvre inébranlable de la Mort.
Quelque esprit, afin d'imager l'expansion de ce poison biologique, aurait pu évoquer un verre d'eau tiède et sucrée. Le liquide, parfaitement limpide, laisse la lumière le traverser de part et part, et ce même si l'on ajoute de les petites créatures nommées levure. Cependant, au bout d'un certain temps, l'eau se trouble ; il finit par se déposer au fond et sur les parois une masse visqueuse.
L'air se plaquait contre la peau et la sueur moite et le sel de la transpiration, engluait les poumons ; il rongeait la chair aussi lentement qu'assurément.

Khoria. Gamine des rues à l'encontre de laquelle l'on avait commis l'acte inhumain de déchiqueter le cœur. Mais la chair repousse toujours, n'est-ce pas ? Alors servons-nous d'elle, Elle si loyale et dévouée afin qu'elle mourût pour nous, Nous son peuple. La gentille fillette ne saura se rebeller.
Ce qu'étaient les Dérivés d'Ange, ces créatures que l'on disait incapables de tuer, pourquoi arboraient-elles ces ailes somptueux alors même qu'elles ne pouvaient prétendre à atteindre le ciel... Quelle malédiction, quel fardeau subsistait-il sur leurs frêles épaules d'oiseaux bipèdes ? Quelles tourments enchaînaient-ils leur âme au sol ?
Sauver le peuple des Anges, était-ce une raison de mourir ? N'existait-il pas suffisamment de causes implacables à la mort pour que l'on en ajoutât encore ?
Trempée de sueur dans ses draps qui la bâillonnaient, asphyxiée, elle sentait dans son sommeil, chaque nuit, le poids de son être, le fardeau de ses ailes. Jamais elle ne trouvait tout à fait le repos. Dans son esprit, sans cesse, giclaient les cris du sang

« De longs rayons rampaient aux pieds du grand banni.
Derrière lui son ombre emplissait l'infini.
Les cimes du chaos se confondaient entre elles.
Tout à coup il se vit pousser d'horribles ailes. »
V. Hugo


Ses pensées la torturaient dans les méandres obscurs de son esprit où elle s'égarait sans parvenir à obtenir des réponses, but inaccessible de son éternelle quête. Se pouvait-il que sa vie n'importât à personne ? Que sa mort satisfît ceux pour lesquels elle endurait un tel supplice ?
Pourquoi luttait-elle ?
Et son sang de s'écouler d'entre ses lèvres pâles, ses joues rosies par le froid glacial qui s'emparait d'elle. Un corps tiède s'effondra juste à côté d'elle, agité de tremblements.
Elle aurait voulu que ce fût Galen, le seul pour lequel elle acceptait encore qu'un souffle fit frémir l'aile de ses narines.
Si elle eut pu s'ouvrir à ces êtres, les accepter, ne plus dépendre d'une créature unique...

Une perle limpide vit le jour au coin de son œil grand ouvert. Pourtant, elle ne voyait pas. Son regard demeurait fixe, planté dans les pierres goguenardes qui paraissaient se venger sur elle de tous les coups de pieds qu'elles avaient reçu au cours des âges.
L'immensité de ce lieu qui avait connu tant de morts et tant de vies, pierres inébranlables, l'oppressait.
Elle ne voulait plus de cette vie.

Galen perçut le bruit mat de la chute. Tout doucement, un tendre filet de sang s'écoulait de l'une de ses fines narines. Il sinuait dans ses poils, brûlant. Le Roi chuta. Cruel roi déchu, créature incapable de mesurer la valeur d'une vie, qu'attends-tu de ton existence ? Le jeu, la vengeance, le plaisir ?
C'est parce que tu ne te préoccupes pas des peuples que tu entraineras dans ta chute que je dois trancher ici le fil de ta respiration. Elle est laborieuse, déjà. Si je te laissais ici, tu mourrais.
De quel droit est-ce que je te tues ? Sûrement pour Khar, et cette seule raison me suffit amplement.

Que deviendrait-il, si Khar mourrait ?

Le Souverain, face à lui, donnait l'illusion d'être encore capable de faire face au Tigre qu'il était. Lorsqu'il tendit le bras, le menaçant de cette hache, Galen ne crut seulement pas que l'autre serait en mesure de lui porter un coup mortel. Son pas mal assuré, ses tremblements accrus davantage à chaque instant, tout en lui hurlait à la mort.
Alors, il tomba au sol, et une scène apparut au fin fond des prunelles du tigre des Sables.

Un cimetière d'hommes, par une lune rousse sur le désert. Glacials, les grins de sables pénétraient ses oreilles, ses paupières, sa fourrure encore juvénile. Pas à pas, l'âme morte, il avait franchi la distance qui le séparait de la tombe. Enfin, il s'était immobilisé. Et ses griffes évasées labourèrent le sable pour trouver le corps. Un serpent sommeillait là...

Le Tigre tuerait ce Sombre. Puis il sortirais Khar de là, à jamais...

« Il sera trop tard, Galen. »

Trop tard pour faire demi-tour. Repousser le moment de leur libération serait le rejeter à jamais, voilà ce qu'elle souhaitait lui signifier.

Galen saisit le Sombre par le cadavre de corbeau qui lui tenait lieu de col. Il le jeta en travers de son dos d'un mouvement ample. Puis il s'avança d'un pas lourd en direction de ceux qui traînaient tels des loques vivantes au sol.
Khar se relevait sur ses coudes, avec trop de précautions. Sa poitrine était souillée de sang gluant.
Dans sa gueule, il prit la nuque du tigre difforme. Elle, ses longues ailes écarlates étendues le long de son corps, elle s'agrippa à l'une des pattes blanches. Galen peinait à avancer encore. Ses muscles pourtant roulaient sous sa fourrure roidie par la sueur.
De la tête, il poussa la large porte en son centre. Dans un craquement, le loquet pivota de lui-même. Où était-il allé ? Une autre sortie, celle-ci... Ses pensées se mêlaient et se confondaient sans ordre.
Non, ici, ils se trouvaient sur le balcon de la salle, qui surplombait la cour intérieure.



Les bras du vent clamèrent à l'assaut. Dans un braillement épouvantable, il démunit les tympans. La glace pilée qu'il portait figea les traînées de sang qui suivaient les quatre êtres. La balustrade flanchait sous les assauts impérieux de la houle.
Toutefois le vent, aussi meurtrier qu'il fût, emportait le poison, le tassait à l'intérieur.
Galen s'assit sans même se préoccuper du Sombre, le laissant glisser à bas. Khar se tenait la gorge à deux mains, la toux encombrée. Ils avaient tous deux absorbés du contre-poison, cependant son efficacité demeurait limitée.
Pis encore, il fluidifiait le sang.

Sois majestueux, Tigre, sois Digne, mais sache que si elle meure de ton fait, le son de sa voix te hantera jusqu'à ce que tu la rejoignes.
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Dim 15 Mar - 18:46

Non, jamais je n'avais fermé les yeux.
Jamais je n'avais oublié le souffle plaintif qu'il avait poussé lorsqu'on avait tiré sur la chaine, l'étranglant. Je n'avais pas laisser disparaître en moi l'image de ces tigres encagés, ces bêtes du démons. Leurs regards parfois doux, d'autrefois agressifs. Leur vue m'a d'abord dégouté, la race féline ainsi souillée. Deux magiciens de fortune avaient organisé cet abattoir : l'un était hybride, je ne sais quel trop mélange. Elfe Sombre et Presqu'Ange, peut-être? L'autre, un nordique. Grand, barbu, large, la pureté même de ces êtres du froid. Son regard était même presque égal au mien. Droit, Froid, mais un doux sourire réchauffait un teint trop pâle. Son tigre préféré était le mauve, aux grandes ailes blanches. Le plus vieux, aussi. «Déjà un tigre est partit. Il n'en reste plus que 7 à céder!» m'avait-il confié. Je lui répond: «Pourtant, je vois bien 8 tigres.» Il sourit, me répond très brièvement, pointant son favoris: «Je le garde.»
D'un côté je n'avais pas compris pourquoi on déformait ces tigres. Mais bientôt, je vais comprendre. Bientôt, je vais aller détruire la cité principale, moi, mon armée, et les tigres d'Akkavar. 8 Tigres, qui, comme des dieux, vous détruirons. Et personne, que se soit les hommes, les anges, les elfes, les centaures, ni même les Bifröstiens, personne ne se dressera sur mon chemin.
Vous êtes tous des pions.


Le roi laissa échapper un soupir. L'air plus frais de la cour intérieur faisait contraste avec la peau chaude du souverain. La cour avait l'apparence de ces marécages elfiques que le Roi affectionnait particulièrement; faciles à protéger, et pourtant si proche des humains. Le seul obstacles restaient ces elfes pâles, alliés des hommes.
Oliatram, quant à lui, n'avait point fermé les yeux. Ils étaient resté mis-clos, en fait, même malgré son corps faible secoués de spasme soudain. Intuable, ce tigre? Et si Niflheim était l'intelligence, Oliatram l'endurance? Pourtant son corps frêle..Frêle, oui, fragile, comme du verre, mais une fois fondu, on peu le remodeler à l'infinie, de la forme désirée. Il ne suffi que de le briser. Se relevant sur ses deux pattes avants, hésitant, il fit face aux deux intrus. Il ne montrait pas les dents, ses yeux n'avaient aucune émotion particulière. Il ne jouait plus le jeu - il était vide, sans la personnalité des autres.
«Non, pas vide, je ne suis pas vide!»
Oui, tu es vide.
«Les vases sont vides, de vitres, je suis..une bête, pleine de chair, de fourrure.»
Mais tu n'es pas un tigre.

Il pensait entendre la voix du Souverain. Il n'en était rien. Oliatram tourna sa tête à gauche, brusquement, puis à droite. Il grogna contre l'ennemi réel: le tigre du Centre.
-Je suis un Tigre.
Il s'approcha, doucement. Son oeil, le dernier qui voyait, était clos. Il était aveugle, et il l'avait fait consciemment. «Après tout, n'est-tu pas un danseur, valse de la mort? Ce n'est pas avec la vue que je t'abattrai.»
Il était face au tigre. Il leva la patte..
«Brusque changement de direction.»
Son corps fit un mouvement soudain, il prenait presque la forme d'un ''S''. Il se tordait comme un serpent. D'ailleurs, il sifflait presque. Qu'est-ce?

Croyais-tu agir à ta guise? Laisser simplement entrevoir ta personnalité de hyène? Traitre, tu te faufile entre mes doigts à la moindre occasion - tu ne tueras pas ce soir.
Ses doigts, comme des dents, avait agrippé la longue queue du tigre. Le souverain tirait sur la ''corde'' de poils et chair. Couché sur le sol, il avait relevé légèrement la tête.

-C'est votre dernière chance. Vous partez. Ou le Tigre d'Akkavar sera à vos trousses... Il tourna la tête. Et pas que lui, d'ailleurs.

Le jardin, en cette heure de l'après-midi, était loin d'être vide. La cour était présente - rien de bien grave cependant, seulement quelques riches grassouillets qui savouraient le thé. Le Souverain sifflait ses mots. «Vous n'aurez pas ma tête.» Oliatram tirait sur sa queue, la gueule qui claquait d'impatience. L'odeur acide du sang qui séchait se répandait dans l'air. Le roi, grandement étendu sur le sol, ne pouvait qu'espérer qu'un de ces lâches viendrait avertir les gardes. D'ailleurs, que faisait ceux qui surveillaient l'entrée? Morts?
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MessageSujet: Re: Le Trône [Khar/Ferraa]   Jeu 2 Avr - 22:32

Ce tigre difforme, si vide...
Jusqu'à quel point les Sombres avaient-ils poussé l'aliénation de l'Autre ? Dans quel état d'égarement pouvait bien se trouver cette féline créature ? Les souvenirs trop lointains, confus, de l'enseignement lacunaire que l'on avait prodigué à Galen, refusaient obstinément de s'offrir à son esprit. Le cerveau était Khar ; c'était elle qui devait savoir, savoir ce qu'étaient ces tigres mutilés... C'était elle, elle, elle, qui régissait sa vie, et lui ne demandait qu'à être guidé, afin de ne plus jamais s'égarer comme cela fut le cas jadis... Non, jamais plus...
C'était elle dont le sang s'évadait, fluide, telles des effluves parfumées. C'était elle qui mourait.

Les mots, oiseaux aveugles dans une cage obscure, heurtaient l'esprit du tigre, encore et encore. Ils s'entredévoraient, et bientôt, seuls les plus forts subsisteraient encore... Elle, il lui avait tant demandé, elle lui avait tant accordé, mais pas assez peut-être ; ils demeuraient tous deux des pantins... Elle, elle...
Ces mots possédaient-ils encore un sens ?

Ses yeux éreintés se posèrent sur ce corps étendus, aux ailes ensanglantées. Était-ce de la dévotion, une amitié ineffable, ou bien l'aimait-il réellement ? Une telle chose était-elle seulement possible ?...
Pourtant, il ne pouvait ni ne devait. C'était bien trop... absurde ?
Était-ce cette atmosphère emplie de haine brutale qui provoquait en lui cette réaction ?

Le tigre des Sables s'était légèrement affalé ; il se releva, se redressa de toute sa hauteur naturelle. Il fit face à l'Autre, le tigre Oliatram. Ce dernier s'approchait de lui.
Ses paupières étaient closes. Il parla.
Un tigre... Une telle affirmation avait-elle lieu d'être ? Cela était forcément le cas... Mais Galen ne comprenait pas, pas encore.

Couchée à côté de lui, la jeune femme-ange gémit, de manière à peine audible. Au prix d'un douloureux effort, elle se hissa sur les coudes ; elle ne put ramener ses jambes, pétrifiées, contre son corps. Elle était presque assise, pourtant, elle chancelait un peu.
Devant elle, si proches qu'elle pouvait presque percevoir la chaleur de leur souffle, se tenaient les deux tigres. Alors, l'Autre exécuta l'un des mouvements typiques de Galen, une attaque qu'elle n'avait jamais vu utilisée par quelque autre tigre que ce fut. Elle hoqueta de surprise. Elle avait cru... Elle avait cru voir Galen, simplement.
Était-ce la véritable personnalité de ce tigre ? Ou bien cherchait-il à imiter Galen, afin de le déstabiliser ? L'on racontait de telles horreurs concernant les Tigres Mutilés... Elle fit l'effort de se souvenir. Sous ses yeux, l'encre encore neuve réapparut, lui permettant de relire ce parchemin qu'elle avait parcouru, voilà quelques semaines. Tigre-miroir, tigre de glace, plus froid, plus fragile encore, limpide comme de l'eau... Tigre délavé, oui.
Une créature dont on avait lavé la personnalité - mais jusqu'à quel point ? Peut-être que cela seul comptait.

Si tel était le cas, si cela était bien comme elle osait s'avancer à le croire, ces tigres pouvaient-ils être apaisés voire heureux, en vivant près d'une créature calme, un être à part entière ?
Sûrement cette pensée n'était-elle qu'une chimère.

Galen mit sa force au service de sa colère, laquelle était amplifiée par l'état confus dans lequel il se trouvait plongé. Il esquissa un violent mouvement de sa patte évasée, visant à heurter le tigre et l'envoyer bouler. Celui-ci ne vint pas jusqu'à lui.

Khar n'aurait pas voulu partir. Pourtant, elle ne pouvait le nier, elle se trouvait gravement en danger, ici. Cependant, elle avait échoué dans l'exécution de sa mission. Pis encore, elle avait prit le parti de ne plus tuer. Changerait-elle d'avis ? Elle l'ignorait.

« Vous êtes un tigre. »

Qu'eut-elle pu dire de plus ? En ces quelques mots, les premiers qu'elle destinait au tigre du Roi, elle exprimait tant !

*

Un jeune elfe sombre, sûrement un page, au vu de sa livrée or et écarlate, accourut vers eux. Il était bien courageux de braver ainsi le danger... Khar tourna vivement la tête vers lui, pour se trouver éblouie l'espace de quelque instant.
Il fallait qu'ils disparaissent, Galen et elle. Il ne pouvait en être autrement, après tout, n'est-ce pas ? Aurait-il été possible de demeurer en un pays dont le Roi veut votre mort ? Or, c'était ce qu'il venait de signifier... Et sûrement avait-il parfaitement raison.
Il n'aurait pu en être autrement.

Encore, elle s'adressa au tigre. Elle ne ferait pas cet honneur au Souverain... Pourquoi au félin, après tout ?
Rien que ce geste que le Sombre avait eu envers lui, tous ces actes de mépris, l'amenaient à pencher en faveur du premier. Quoi qu'il en soit...

« En quoi pourriez-vous être un danger pour nous, dans votre état ? Je me le demande... »

Était-ce ses blessures, le sang qui poissait dans sa gorge, qui l'amenait à parler de la sorte pour ne dire ?

« Sûrement nous reverrons-nous. J'aurais aimé pouvoir acheter ta liberté - celle de tous. »

Le regret qui perçait dans la voix précéda une unique larme. Quelle pitoyable créature est-ce qu'elle était... Sans qu'elle n'eut ait vraiment conscience, Galen saisit un pan de son étoffe devenue écarlate, et la hissa sur son dos. Un tumulte se créait, du fait du page, qui semblait avoir appelé quelques autres personnes. Mais ces lâches demeuraient à distance.
Un grondement sourd monta de la gorge du tigre des Sables. Il secoua ses ailes immenses. De minuscules gouttelettes rubis envahirent l'air, scintillantes.
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